Mieux communiquer avec son ado

Cris, portes claquées, punitions qui se multiplient sans résultat… Si c’est votre quotidien avec votre ado, il est plus que temps d’en changer. Pour mieux communiquer avec votre enfant, prenez d’abord le temps de l’écouter et de le comprendre. Ensuite, seulement, vous pourrez échanger de manière plus sereine.

Communiquer avec son ado

Pourquoi l’adolescent réagit-il de manière extrême ?

Un adolescent est capable de s’emporter en deux minutes, de pleurer toutes les larmes de son corps puis d’évacuer un fou-rire sur la même soirée. Résultat : vous n’osez plus rien lui dire de peur qu’un éclat ne survienne. C’est épuisant pour vous… et aussi pour lui.

Ne lui en voulez pas : un adolescent est presque incapable de contrôler ses émotions. Il est traversé par un flux d’hormones, par des sensations à fleur de peau. Même le développement du cerveau est en plein chamboulement (cette conférence de la neurologue Sarah-Jayne Blakemore, sur TED Talk, l’explique clairement et succinctement).

Communiquer avec son ado : Inutile donc de vous braquer ou de le gronder pour ce qu’il ne maîtrise pas. Ce qui n’implique pas, pour autant, que vous baissiez les bras et laissiez tout faire. Au contraire, votre rôle de parent, les limites que vous fixerez, seront toujours très importantes.

Soyez à l’écoute

L’un des principes fondamentaux de la communication, c’est qu’elle va dans les deux sens. Vous ne pouvez pas attendre que votre adolescent vous écoute si vous ne lui rendez pas la pareille.

Attention, il s’agit d’écoute active, bienveillante, sans jugement. Prenez le temps de bien reformuler ce qu’il vous dit, face à lui, pour vous assurer d’avoir bien compris. Un adolescent n’a pas toujours besoin de conseils, ni que vous lui disiez qu’une dispute avec ses camarades n’est pas grave. Il a besoin que vous lui disiez que vous prenez en compte son mal-être, et que vous êtes là pour lui. Il se sentira ensuite plus en confiance pour vous confier des choses graves, ou pour vous écouter quand ce sera votre tour de parler.

Parlez de votre ressenti

En situation de conflit, quand quelque chose vous dérange, il est toujours plus efficace, face à un adolescent comme face à un adulte, de vous exprimer en « messages-je ». Plutôt que de dire « ta chambre est toujours en désordre », ce qui sonne comme une accusation, source de conflit, dites plutôt « je suis fatigué(e) de devoir ramasser ton linge sale derrière toi. Que peut-on faire pour remédier à cette situation ? ».

Vous passez ainsi la main à votre enfant, qui devient décisionnaire et qui cherchera lui-même une solution. Il ne faudra pas hésiter à lui dire que « ben, laisse-le par terre » n’est pas celle que vous préconisez. Mais sans vous énerver, et toujours en « message-je ».

Les stratégies pour éviter les crises

Soyez bref. Personne n’a envie d’écouter un long sermon. Même si vous avez l’impression que votre discours passe par dessus la tête de votre adolescent, ne le retenez pas deux heures pour lui répéter ce que vous lui avez déjà dit. C’est contre-productif, pour lui comme pour vous, et vous risquez de perdre à la fois votre temps et votre calme.

Montrez l’exemple. Si vous vous emportez, quel modèle êtes-vous pour votre enfant ? Vous êtes l’adulte, c’est à vous qu’il revient de garder votre calme, même face aux provocations. Et si vous le perdez, prenez toujours le temps de venir ensuite vous excuser. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est juste du respect de l’autre et une autre leçon que vous apprenez au jeune dont vous avez la charge.

Choisissez vos moments. Pourquoi choisir de venir discuter de sujets à hauts risques lorsque votre enfant est déjà bougon, mal réveillé, pressé… ? Sans le prendre au piège, optez pour des moments où vous êtes calmes tous les deux afin de tenir ces échanges. Vous aurez eu le temps de préparer votre discours, vos arguments, et il vous sera plus facile de rester serein.

Considérez l’autre. N’oubliez jamais que votre adolescent est une personne, avec des sentiments, des besoins, sa propre morale… Prenez-le en compte, sans estimer que vous avez obligatoirement raison parce que vous êtes l’adulte. Et vos échanges en seront grandement facilités.